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	<title>Textes 2022 &#8211; NATURE EN LIVRES</title>
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	<description>Hostellerie de la Tour</description>
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	<title>Textes 2022 &#8211; NATURE EN LIVRES</title>
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	<item>
		<title>Jean ANOUILH</title>
		<link>https://natureenlivres.fr/textesdepersonalites/textes-2022/jean-anouilh/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gertrude Dodart]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jun 2022 22:00:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Textes 2022]]></category>
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					<description><![CDATA[Né le 23 juin 1910 à Bordeaux (Gironde) et mort le 3 octobre 1987 à Lausanne (Suisse) Jean ANOUILH est un dramaturge et scénariste français. Son œuvre théâtrale commencée en 1932 est abondante et variée : elle est constituée de nombreuses comédies souvent grinçantes et d&#8217;œuvres à la tonalité dramatique ou tragique comme sa pièce&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image is-style-tw-rounded-corners"><figure class="alignright size-thumbnail is-resized"><img decoding="async" src="https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-Anouilh_1940_2b-2-150x150.jpg" alt="" class="wp-image-11768" width="113" height="113" srcset="https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-Anouilh_1940_2b-2-150x150.jpg 150w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-Anouilh_1940_2b-2-300x300.jpg 300w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-Anouilh_1940_2b-2.jpg 489w" sizes="(min-width: 880px) 800px, (min-width: 700px) calc(100vw - 80px), calc(100vw - 40px)" /><figcaption><em>Copyright Wikipedia</em></figcaption></figure></div>



<p class="has-text-align-center has-primary-color has-text-color has-background wp-block-paragraph" style="background-color:#eeffff">Né le 23 juin 1910 à Bordeaux (Gironde) et mort le 3 octobre 1987 à Lausanne (Suisse) <a rel="noreferrer noopener" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Anouilh" target="_blank">Jean ANOUILH</a> est un dramaturge et scénariste français.</p>



<span id="more-11765"></span>



<p class="has-text-align-center has-primary-color has-text-color has-background wp-block-paragraph" style="background-color:#eeffff">Son œuvre théâtrale commencée en 1932 est abondante et variée : elle est constituée de nombreuses comédies souvent grinçantes et d&rsquo;œuvres à la tonalité dramatique ou tragique comme sa pièce la plus célèbre, Antigone, réécriture moderne de la pièce de Sophocle.</p>



<h3 class="wp-block-heading">&gt; FABLES 1973 : <strong>L&rsquo;enterrement</strong> &lt;</h3>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Le chien suivait l&rsquo;enterrement du maître.<br>Il pensait aux caresses;<br>Et il pensait aux coups.<br>Les caresses étaient plus fortes&#8230;<br><br>Dans le cortège, on s&rsquo;indignait beaucoup.<br>On excusait la veuve &#8211; elle était comme morte.<br>On pardonnait à la maîtresse<br>(Elle était morte aussi).<br>Mais, qu&rsquo;en présence du prêtre,<br>La bonne ait pu laisser vagabonder ainsi<br>Ce chien au milieu du cortège !<br>Ah ! Ces filles vraiment ne se font nul souci.<br>Quelqu&rsquo;un, l&rsquo;ordonnateur, la famille, que sais-je ?<br>Aurait dû l&rsquo;obliger à attacher le chien !<br>Elle-même, voyons ! C&rsquo;est une propre à rien<br>Qui n&rsquo;avait même pas l&rsquo;excuse du chagrin.<br>Pourquoi la gardaient-ils ? Un ménage d&rsquo;artistes&#8230;<br>De véritables bohémiens.<br>Ce monde là vivait d&rsquo;une étrange manière&#8230;<br>De coup de pied en coup de pied dans le derrière,<br>Rejeté à la queue du cortège, le chien<br>Songeait que seule la bonne était triste;<br>La bonne qui ne disait rien,<br>Et à qui ne parlait personne.<br>Il suivit jusqu&rsquo;au bout aux côtés de la bonne.<br>Au cimetière, tous les deux au dernier rang<br>Ils écoutèrent le discours du président<br>De la Société des Auteurs Dramatiques.<br>A la fin, las du pathétique,<br>Le chien s&rsquo;avança posément<br>Et, pour venger un peu la bonne,<br>Il pissa sur une couronne.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Gaston BACHELARD</title>
		<link>https://natureenlivres.fr/textesdepersonalites/textes-2022/gaston-bachelard/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gertrude Dodart]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Mar 2022 13:11:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Textes 2022]]></category>
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					<description><![CDATA[Né à Bar-sur-Aube (Aube) le 27 juin 1884 et mort à Paris le 16 octobre 1962, Gaston Louis Pierre BACHELARD est un philosophe français des sciences, de la poésie, de l&#8217;éducation et du temps. Directeur de l&#8217;Institut d&#8217;histoire des sciences et des techniques (IHST), il est l&#8217;un des principaux représentants de l&#8217;école française d&#8217;épistémologie historique.&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-block-image is-style-tw-rounded-corners">
<figure class="alignright size-thumbnail is-resized"><img decoding="async" src="https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Philosophe-gaston_bachelard-150x150.jpg" alt="" class="wp-image-8766" width="113" height="113"/></figure>
</div>


<p class="has-text-align-center has-primary-color has-text-color has-background wp-block-paragraph" style="background-color:#eeffff">Né à Bar-sur-Aube (Aube) le 27 juin 1884 et mort à Paris le 16 octobre 1962, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaston_Bachelard" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Gaston Louis Pierre BACHELARD</a> est un philosophe français des sciences, de la poésie, de l&rsquo;éducation et du temps.</p>



<span id="more-8577"></span>



<p class="has-text-align-center has-primary-color has-text-color has-background wp-block-paragraph" style="background-color:#eeffff">Directeur de l&rsquo;Institut d&rsquo;histoire des sciences et des techniques (IHST), il est l&rsquo;un des principaux représentants de l&rsquo;école française d&rsquo;épistémologie historique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Extrait de « La poétique de l&rsquo;espace »</h3>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Les mots — je l&rsquo;imagine souvent — sont de petites maisons, avec cave et grenier. Le sens commun séjourne au rez-de chaussée, toujours prêt au « commerce extérieur », de plain-pied avec autrui, ce passant qui n&rsquo;est jamais un rêveur. Monter l&rsquo;escalier dans la maison du mot c&rsquo;est, de degré en degré, abstraire. Descendre à la cave, c&rsquo;est rêver, c&rsquo;est se perdre dans les lointains couloirs d&rsquo;une étymologie incertaine, c&rsquo;est chercher dans les mots des trésors introuvables. Monter et descendre, dans les mots mêmes, c&rsquo;est la vie du poète. Monter trop haut, descendre trop bas est permis au poète qui joint le terrestre à l&rsquo;aérien. Seul le philosophe sera-t-il condamné par ses pairs à vivre toujours au rez-de-chaussée ?</p>
<cite>La poétique de l&rsquo;espace, <em>Presse Universitaire de France</em>, 2004</cite></blockquote>



<h3 class="wp-block-heading">Extrait de «&nbsp;L’Eau et les rêves&nbsp;»</h3>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Un détail infime de la vie des eaux devient souvent pour moi un symbole psychologique essentiel. Ainsi l’odeur de la menthe aquatique appelle en moi une sorte de correspondance ontologique qui me fait croire que la vie est un simple arôme, que la vie émane de l’être comme une odeur émane de la substance, que la plante du ruisseau doit émettre l’âme de l’eau&#8230; </p>



<p class="wp-block-paragraph">S’il me fallait revivre à mon compte le mythe philosophique de la statue de Condillac qui trouve le premier univers et la première conscience dans les odeurs, au lieu de dire comme elle : « Je suis odeur de rose », je devrais dire « je suis d’abord odeur de menthe, odeur de la menthe des eaux ». Car l’être est avant tout un éveil et il s’éveille dans la conscience d’une impression extraordinaire. <strong>L’individu n’est pas la somme de ses impressions générales, il est la somme de ses impressions singulières. Ainsi se créent en nous les mystères familiers qui se désignent en de rares symboles. C’est près de l’eau et de ses fleurs que j’ai le mieux compris que la rêverie est un univers en émanation, un souffle odorant qui sort des choses par l’intermédiaire d’un rêveur. Si je veux étudier la vie des images de l’eau, il me faut donc rendre leur rôle dominant à la rivière et aux sources de mon pays.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Je suis né dans un pays de ruisseaux et de rivières, dans un coin de la Champagne vallonnée, dans le Vallage, ainsi nommé à cause du grand nombre de ses vallons. La plus belle des demeures serait pour moi au creux d’un vallon, au bord d’une eau vive, dans l’ombre courte des saules et des osières. Et quand octobre viendrait, avec ses brumes sur la rivière&#8230;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mon plaisir est encore d’accompagner le ruisseau, de marcher le long des berges, dans le bon sens, dans le sens de l’eau qui coule, de l’eau qui mène la vie ailleurs, au village voisin.</strong> Mon « ailleurs » ne va pas plus loin. J’avais presque trente ans quand j’ai vu l’Océan pour la première fois. Aussi, dans ce livre, je parlerai mal de la mer, j’en parlerai indirectement en écoutant ce qu’en disent les livres des poètes, j’en parlerai en restant sous l’influence des poncifs scolaires relatifs à l’infini. En ce qui touche ma rêverie, ce n’est pas l’infini que je trouve dans les eaux, c’est la profondeur. D’ailleurs, Baudelaire ne dit-il pas que six à sept lieues représentent pour l’homme rêvant devant la mer le rayon de l’infini ? (Journaux intimes, p. 79). Le Vallage a dix-huit lieues de long et douze de large. C’est donc un monde. Je ne le connais pas tout entier : je n’ai pas suivi toutes ses rivières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le pays natal est moins une étendue qu’une matière ; c’est un granit ou une terre, un vent ou une sécheresse, une eau ou une lumière. C’est en lui que nous matérialisons nos rêveries ; c’est par lui que [12] notre rêve prend sa juste substance ; c’est à lui que nous demandons notre couleur fondamentale. <strong>En rêvant près de la rivière, j’ai voué mon imagination à l’eau, à l’eau verte et claire, à l’eau qui verdit les prés. Je ne puis m’asseoir près d’un ruisseau sans tomber dans une rêverie profonde, sans revoir mon bonheur&#8230; Il n’est pas nécessaire que ce soit le ruisseau de chez nous, l’eau de chez nous. L’eau anonyme sait tous mes secrets. Le même souvenir sort de toutes les fontaines.</strong></p>
<cite>L’Eau et les rêves, <em>José Corti</em>, 1985</cite></blockquote>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Jacques-Henri BERNARDIN de SAINT-PIERRE</title>
		<link>https://natureenlivres.fr/textesdepersonalites/textes-2022/jacques-henri-bernardin-de-saint-pierre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Admin HDLT]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Jun 2021 11:46:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Textes 2022]]></category>
		<category><![CDATA[Ville HorsBFC]]></category>
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					<description><![CDATA[Écrivain et botaniste français Jacques-Henri Bernardin de SAINT PIERRE est né au Havre (Seine-Maritime) le 19 janvier 1737 et décédé à Éragny-sur-Oise (Val d&#8217;Oise) , le 21 janvier 1814. En 1771 il embrasse tardivement la carrière des lettres et publie « Voyage à l&#8217;île de France » (ancienne île Maurice) puis devient célèbre avec les trois premiers&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image is-style-tw-rounded-corners"><figure class="alignright size-thumbnail is-resized"><img decoding="async" src="https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Ecrivain-AVT_Jacques-Henri-Bernardin-de-Saint-Pierre_8446-150x150.jpg" alt="" class="wp-image-5492" width="113" height="113" srcset="https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Ecrivain-AVT_Jacques-Henri-Bernardin-de-Saint-Pierre_8446-150x150.jpg 150w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Ecrivain-AVT_Jacques-Henri-Bernardin-de-Saint-Pierre_8446-300x300.jpg 300w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Ecrivain-AVT_Jacques-Henri-Bernardin-de-Saint-Pierre_8446-768x768.jpg 768w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Ecrivain-AVT_Jacques-Henri-Bernardin-de-Saint-Pierre_8446.jpg 1000w" sizes="(min-width: 880px) 800px, (min-width: 700px) calc(100vw - 80px), calc(100vw - 40px)" /></figure></div>



<p class="has-text-align-center has-primary-color has-text-color has-background wp-block-paragraph" style="background-color:#eeffff"><br>Écrivain et botaniste français <strong><a rel="noreferrer noopener" href="https://www.babelio.com/auteur/Jacques-Henri-Bernardin-de-Saint-Pierre/19681" target="_blank"><strong>Jacques-</strong>Henri Bernardin de SAINT PIERRE</a></strong> est né au Havre (Seine-Maritime) le 19 janvier 1737 et décédé à Éragny-sur-Oise (Val d&rsquo;Oise) , le 21 janvier 1814.</p>



<span id="more-5490"></span>



<p class="has-text-align-center has-primary-color has-text-color has-background wp-block-paragraph" style="background-color:#eeffff">En 1771 il embrasse tardivement la carrière des lettres et publie « Voyage à l&rsquo;île de France » (ancienne île Maurice) puis devient célèbre avec les trois premiers volumes de ses « Études de la nature » (1784).</p>



<h3 class="wp-block-heading">&gt; Extrait de « Etudes de la nature » &lt;</h3>



<p class="wp-block-paragraph">(DU DELUGE)</p>



<p class="wp-block-paragraph">… Tout fut englouti dans les eaux cités palais majestueuses pyramides arcs de triomphe chargés des trophées des rois et vous aussi qui auriez dû survivre à la ruine même du monde, paisibles grottes, tranquilles bocages, humbles cabanes asiles de l&rsquo;innocence I! ne resta sur la terre aucune trace de la gloire ou du bonheur des mortels, dans ces jours de vengeance où la nature détruisit ses propres monuments.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De pareils bouleversements, dont il reste encore une infinité de traces sur la surface et dans le sein de la terre n&rsquo;ont pu, en aucune manière être produits par la simple action d&rsquo;une pluie universelle. Je sais que le texte de l&rsquo;Ecriture est formel à cet égard, mais les circonstances qu&rsquo;elle y joint semblent admettre les moyens qui, suivant mon hypothèse opérèrent cette terrible résomption.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est dit dans la Genèse, « qu&rsquo;il plut sur toute la terre pendant quarante jours et quarante nuits ». Cette pluie comme nous l&rsquo;avons dit fut le résultat des vapeurs qui s&rsquo;élevaient de la fonte des glaces, tant terrestres que maritimes, et de la zone d&rsquo;eau que le soleil parcourait alors au méridien. Quant au terme de quarante jours, ce temps nous parait suffisant à l&rsquo;action verticale du soleil sur les glaces polaires, pour les mettre au niveau des mers,<br>…<br>L&rsquo;expression de « cataractes du ciel » désigne aussi, ce me semble la résolution universelle des eaux répandues dans l&rsquo;atmosphère, qui y sont soutenues par le froid, dont les foyers se détruisaient alors aux pôles. La Genèse dit ensuite « qu&rsquo;après qu&rsquo;il eut plu » pendant quarante jours.<br>…<br>On trouve encore, à la suite du même récit, des expressions analogues aux mêmes causes. « Dieu dit » ensuite à Noé tant que la terre durera la semence » et la moisson, le froid et le chaud, l&rsquo;été et l&rsquo;hiver, la nuit et le jour ne cesseront point de s&rsquo;entresuivent. Le déluge, comme nous l&rsquo;avons dit, commença le dix-septième jour du second mois de l&rsquo;année qui était, chez les Hébreux comme chez nous, le mois de février.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les hommes avaient donc alors ensemencé les terres, et ils ne les moissonnèrent point. Le froid ne succéda point cette année-là au chaud, ni l&rsquo;été à l&rsquo;hiver parce qu&rsquo;il n&rsquo;y eut ni hiver, ni froid, par la fusion générale des glaces polaires qui en sont les foyers naturels; et la nuit proprement dite, ne suivit point le jour, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y eut point alors de nuit aux pôles, où il y en a alternativement une de six mois, parce que le soleil parcourant un méridien éclairait toute la terre, comme il arrive lors qu’il est à l’<br>équateur. J&rsquo;ajouterai à l&rsquo;autorité de la Genèse un passage très-curieux du livre de Job qui décrit le déluge et les pôles du monde, avec les principaux caractères que je viens d&rsquo;en présenter.<br>…</p>



<p class="wp-block-paragraph">(DES ANIMAUX)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucun animal n&rsquo;a manqué d&rsquo;un membre nécessaire ou n&rsquo;en a reçu d&rsquo;inutiles. Des philosophes ont regardé les ergots appendices des pieds du porc, comme superflus parce qu&rsquo;ils ne portent point à terre mais cet animal, destiné à vivre dans les lieux marécageux où il aime à se vautrer, et à faire avec son boutoir des fouilles profondes, s&rsquo;y fut souvent enfoncé par sa gloutonnerie, si la nature n&rsquo;eut disposé au-dessus de ses pieds deux ergots en saillie, qui lui donnent les moyens de s&rsquo;en retirer. Le bœuf, qui fréquente les bords marécageux des fleuves, en a d&rsquo;à-peu-près semblables.</p>



<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color: #2c7dd3;" class="stk-highlight">du Festival 2021 &#8211; Arbres &amp; oiseaux</span></h2>



<h3 class="wp-block-heading">&gt; Extrait de « <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.babelio.com/livres/Bernardin-de-Saint-Pierre-Paul-et-Virginie/29840" target="_blank">Paul et Virginie</a> » &lt;</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque je suis fatigué ta vue me délasse. Quand du haut de la montagne je t&rsquo;aperçois au fond de ce vallon, tu me parais au milieu de nos vergers comme un bouton de rose. Si tu marches vers la maison de nos mères, la perdrix qui court vers ses petits a un corsage moins beau et une démarche moins légère. Quoique je te perde de vue à travers les arbres, je n&rsquo;ai pas besoin de te voir pour te retrouver; quelque chose de toi que je ne puis dire reste pour moi dans l&rsquo;air où tu passes, sur l&rsquo;herbe où tu t&rsquo;assieds. Lorsque je t&rsquo;approche, tu ravis tous mes sens. L&rsquo;azur du ciel est moins beau que le bleu de tes yeux; le chant des bengalis, moins doux que le son de ta voix. Si je te touche seulement du bout du doigt, tout mon corps frémit de plaisir. Souviens-toi du jour où nous passâmes à travers les cailloux roulants de la rivière des Trois-Mamelles. En arrivant sur ses bords j&rsquo;étais déjà bien fatigué; mais quand je t&rsquo;eus prise sur mon dos il me semblait que j&rsquo;avais des ailes comme un oiseau. Dis-moi par quel charme tu as pu m&rsquo;enchanter. Est-ce par ton esprit? mais nos mères en ont plus que nous deux. Est-ce par tes caresses? mais elles m&#8217;embrassent plus souvent que toi. Je crois que c&rsquo;est par ta bonté. Je n&rsquo;oublierai jamais que tu as marché nu-pieds jusqu&rsquo;à la Rivière Noire pour demander la grâce d&rsquo;une pauvre esclave fugitive. Tiens, ma bien-aimée, prends cette branche fleurie de citronnier que j&rsquo;ai cueillie dans la forêt; tu la mettras la nuit près de ton lit. Mange ce rayon de miel; je l&rsquo;ai pris pour toi au haut d&rsquo;un rocher. Mais auparavant repose-toi sur mon sein, et je serai délassé. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Virginie lui répondait: « O mon frère! les rayons du soleil au matin, au haut de ces rochers, me donnent moins de joie que ta présence. J&rsquo;aime bien ma mère, j&rsquo;aime bien la tienne; mais quand elles t&rsquo;appellent mon fils je les aime encore davantage. Les caresses qu&rsquo;elles te font me sont plus sensibles que celles que j&rsquo;en reçois. Tu me demandes pourquoi tu m&rsquo;aimes; mais tout ce qui a été élevé ensemble s&rsquo;aime. Vois nos oiseaux; élevés dans les mêmes nids, ils s&rsquo;aiment comme nous; ils sont toujours ensemble comme nous. Écoute comme ils s&rsquo;appellent et se répondent d&rsquo;un arbre à l&rsquo;autre: de même quand l&rsquo;écho me fait entendre les airs que tu joues sur ta flûte, au haut de la montagne, j&rsquo;en répète les paroles au fond de ce vallon. Tu m&rsquo;es cher, surtout depuis le jour où tu voulais te battre pour moi contre le maître de l&rsquo;esclave. Depuis ce temps-là, je me suis dit bien des fois: Ah! mon frère a un bon cœur; sans lui je serais morte d&rsquo;effroi. Je prie Dieu tous les jours pour ma mère, pour la tienne, pour toi, pour nos pauvres serviteurs; mais quand je prononce ton nom il me semble que ma dévotion augmente. Je demande si instamment à Dieu qu&rsquo;il ne t&rsquo;arrive aucun mal! Pourquoi vas-tu si loin et si haut me chercher des fruits et des fleurs? n&rsquo;en avons-nous pas assez dans le jardin? Comme te voilà fatigué! tu es tout en nage. » Et avec son petit mouchoir blanc elle lui essuyait le front et les joues, et elle lui donnait plusieurs baisers.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Agatha CHRISTIE</title>
		<link>https://natureenlivres.fr/textesdepersonalites/textes-2022/agatha-christie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Admin HDLT]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Mar 2022 09:24:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Textes 2022]]></category>
		<category><![CDATA[Ville HorsBFC]]></category>
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					<description><![CDATA[Née Agatha Mary Clarissa Miller le 15 septembre 1890 à Torquay (Angleterre) et morte le 12 janvier 1976 à Wallingford, Agatha CHRISTIE est une femme de lettres britannique, auteur de nombreux romans policiers. Surnommée « la reine du crime », son nom est associé à celui de ses deux héros : Hercule Poirot, détective professionnel belge, et Miss Marple, détective amateur. &#62; Extrait des « Écuries d&#8217;Augias » &#60; « Monsieur Poirot, je vous ai demandé de venir&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image is-style-tw-rounded-corners"><figure class="alignright size-thumbnail is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Ecrivain-Agatha_Christie-wkpedia-150x150.jpg" alt="" class="wp-image-9092" width="113" height="113" srcset="https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Ecrivain-Agatha_Christie-wkpedia-150x150.jpg 150w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Ecrivain-Agatha_Christie-wkpedia-300x300.jpg 300w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Ecrivain-Agatha_Christie-wkpedia.jpg 347w" sizes="auto, (min-width: 880px) 800px, (min-width: 700px) calc(100vw - 80px), calc(100vw - 40px)" /></figure></div>



<p class="has-text-align-center has-primary-color has-text-color has-background wp-block-paragraph" style="background-color:#eeffff"><br>Née Agatha Mary Clarissa Miller le 15 septembre 1890 à Torquay (Angleterre) et morte le 12 janvier 1976 à Wallingford, <strong>Agatha CHRISTIE </strong>est une femme de lettres britannique, auteur de nombreux romans policiers.</p>



<span id="more-9091"></span>



<p class="has-text-align-center has-primary-color has-text-color has-background wp-block-paragraph" style="background-color:#eeffff">Surnommée « la reine du crime », son nom est associé à celui de ses deux héros : Hercule Poirot, détective professionnel belge, et Miss Marple, détective amateur.</p>



<h3 class="wp-block-heading">&gt; Extrait des « Écuries d&rsquo;Augias » &lt;</h3>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Monsieur Poirot, je vous ai demandé de venir car vous êtes mon dernier espoir. L&rsquo;affaire est trop importante, trop de gens sont au courant pour qu&rsquo;on puisse songer à l&rsquo;étouffer. L&#8217;emploi de la force? La corruption? Impossible et inutile. Le ministère de l&rsquo;intérieur a fait allusion aux Écuries d&rsquo;Augias. Oui il faudrait la puissance d&rsquo;une rivière en crue&#8230;.un miracle en fait.</em>« </p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Vous avez besoin d&rsquo;un Hercule</em>« , approuva Poirot, avec satisfaction. « <em>C&rsquo;est mon nom, vous ne l&rsquo;ignorez pas</em>« .</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Gilbert COCHET</title>
		<link>https://natureenlivres.fr/textesdepersonalites/textes-2022/gilbert-cochet/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Admin HDLT]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Mar 2022 19:20:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Textes 2022]]></category>
		<category><![CDATA[Menu Territoire]]></category>
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					<description><![CDATA[Né en 1954, Gilbert COCHET est professeur agrégé des Sciences de la Vie et de la Terre (SVT), attaché au Muséum national d&#8217;histoire naturelle. Il est expert au Conseil de l&#8217;Europe et président du Conseil scientifique de la réserve naturelle des Gorges de l&#8217;Ardèche. Son livre « Ré-ensauvageons la France » est un plaidoyer pour une nature&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image is-style-tw-rounded-corners"><figure class="alignright size-thumbnail is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-AVT_Gilbert-Cochet_5455-tete-150x150.jpg" alt="" class="wp-image-9622" width="113" height="113" srcset="https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-AVT_Gilbert-Cochet_5455-tete-150x150.jpg 150w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-AVT_Gilbert-Cochet_5455-tete-300x300.jpg 300w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-AVT_Gilbert-Cochet_5455-tete.jpg 520w" sizes="auto, (min-width: 880px) 800px, (min-width: 700px) calc(100vw - 80px), calc(100vw - 40px)" /></figure></div>



<p class="has-text-align-center has-primary-color has-text-color has-background wp-block-paragraph" style="background-color:#eeffff">Né en 1954, <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.babelio.com/auteur/Gilbert-Cochet/225038" target="_blank">Gilbert COCHET</a> est professeur agrégé des Sciences de la Vie et de la Terre (SVT), attaché au Muséum national d&rsquo;histoire naturelle. </p>



<span id="more-9620"></span>



<p class="has-text-align-center has-primary-color has-text-color has-background wp-block-paragraph" style="background-color:#eeffff">Il est expert au Conseil de l&rsquo;Europe et président du Conseil scientifique de la réserve naturelle des Gorges de l&rsquo;Ardèche. Son livre « Ré-ensauvageons la France » est un plaidoyer pour une nature sauvage et libre.</p>



<h3 class="wp-block-heading">&gt; Extrait de « <strong><strong>Ré-ensauvageons la France – plaidoyer pour une nature sauvage et libre</strong></strong> » &lt;</h3>



<h4 class="has-text-align-center wp-block-heading"><strong><strong>Le Castor <em>(page 89)</em></strong></strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>….</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Le castor et la rivière sont des alliés formidables qui s’entendent à merveille pour étendre la ripisylve à son maximum. En divaguant hors de son lit principal, la rivière crée des bras secondaires et dépose des argiles imperméables propices à la création de zones humides. De son côté, en coupant chaque jour son quota de troncs, le castor entretient cette forêt, l’éclaircit, stimule la croissance des arbres, ouvre des clairières temporaires. </p>



<p class="wp-block-paragraph">A eux deux, ils multiplient d’autant la longueur des berges, donc la surface des forêts alluviales. Or, outre le fait qu’elles soient belles et riches, ces ripisylves nous offrent au moins trois services qu&rsquo;il serait pour le moins hasardeux de négliger&nbsp;: d’abord, elle permettent le stockage de l’eau dans le sol en alimentant les nappes phréatiques&nbsp;; ensuite, elles font office de tampon régulateur des crues&nbsp;; enfin, elles purifient l’eau de ses particules et des polluants chimiques et organiques.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Stéphane DURAND</title>
		<link>https://natureenlivres.fr/textesdepersonalites/textes-2022/stephane-durand/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Admin HDLT]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Mar 2022 17:54:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Textes 2022]]></category>
		<category><![CDATA[Menu Territoire]]></category>
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					<description><![CDATA[Né en 1970, biologiste, ornithologue et journaliste, Stéphane DURAND participe comme co-auteur et conseiller scientifique aux aventures cinématographiques de Jacques Perrin depuis 1997. En 2020, il rejoint les éditions Actes Sud après avoir créé la collection Mondes Sauvages. Il y anime le pôle Sciences, Nature et Société. Son dernier ouvrage 20 000 ans ou la grande histoire&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image is-style-tw-rounded-corners"><figure class="alignright size-thumbnail is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-Stephane-Durand-150x150.jpg" alt="" class="wp-image-9651" width="113" height="113" srcset="https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-Stephane-Durand-150x150.jpg 150w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-Stephane-Durand.jpg 207w" sizes="auto, (min-width: 880px) 800px, (min-width: 700px) calc(100vw - 80px), calc(100vw - 40px)" /></figure></div>



<p class="has-text-align-center has-primary-color has-text-color has-background wp-block-paragraph" style="background-color:#eeffff">Né en 1970, biologiste, ornithologue et journaliste, <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.actes-sud.fr/node/53295" target="_blank">Stéphane DURAND</a> participe comme co-auteur et conseiller scientifique aux aventures cinématographiques de Jacques Perrin depuis 1997. </p>



<span id="more-9615"></span>



<p class="has-text-align-center has-primary-color has-text-color has-background wp-block-paragraph" style="background-color:#eeffff">En 2020, il rejoint les éditions Actes Sud après avoir créé la collection Mondes Sauvages. Il y anime le pôle Sciences, Nature et Société. <br>Son dernier ouvrage <em>20 000 ans ou la grande histoire de la nature</em> retrace le chemin d’une Histoire de la France, loin des hommes, ou plutôt en parallèle. Il fait découvrir les fascinantes évolutions et adaptations de la nature et sa formidable abondance.</p>



<h3 class="wp-block-heading">&gt; Extraits de « <strong>20&nbsp;000 ans ou la grande histoire de la nature</strong> » &lt;</h3>



<h4 class="has-text-align-center wp-block-heading"><strong>Entre chien et loup…<em> (page 26)</em></strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le mystère de la domestication du chien est une de ces énigmes qui résistent encore vaillamment à la curiosité des scientifiques. Archéologues, paléontologues, historiens, éthologues et maintenant généticiens, tous spéculent, débattent et brandissent leurs preuves irréfutables. <strong>Un seul consensus&nbsp;: le chien descend du loup gris. </strong>C’est un domaine de recherche presque aussi polémique que l’étude des origines de l’homme et, dans un certain sens, on n’est est effectivement pas si éloigné que ça.<strong> Où et quand la domestication a-t-elle eu lieu&nbsp;? </strong>Une fois ou plusieurs fois indépendamment les unes des autres&nbsp;? Comment et pourquoi cela s’est-il déroulé&nbsp;? A quoi servaient les chiens&nbsp;? Servaient-ils d’ailleurs à quelque chose&nbsp;?&#8230;..</p>



<p class="wp-block-paragraph">… Une fois les premiers loups apprivoisés, l’homme a exercé, consciemment ou non, une longue sélection sur ses compagnons à quatre pattes, qui à conduit en quelques siècles ou millénaires à l’apparition des caractéristiques sans équivoque du chien. La docilité et la tolérance envers l’humain tendraient à prolonger les caractères juvéniles jusqu’à l’âge adulte&nbsp;: c’est le phénomène de la néoténie qui déclencherait une cascade de gènes régulateurs du développement morphologique, physiologique et neural….. <strong>Le chien est un loup qui a pris l’homme chef de meute et qui a accepté d’en être totalement dépendant, au point de perdre en grandissant ses capacités d’initiative</strong>.</p>



<h4 class="has-text-align-center wp-block-heading"><strong>L’agonie des rivières <em>(page 174)</em></strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Les rivières de France, <strong>autrefois si cristallines</strong>, deviennent brunes et engorgées de limon auxquels s’ajoutent bientôt les pollutions émises par les villes qui s’installent le long des cours d’eau. Vers l’an 1300, un moine alsacien note qu’il y a cent ans «&nbsp;torrents et rivières n’étaient pas aussi larges que maintenant parce que les racines des arbres dans les montagnes conservaient pour un temps l’eau de la fonte des neiges et l’humidité des nuages….</p>



<p class="wp-block-paragraph">…En remplaçant l’antique roue horizontale par une roue verticale, le Moyen Âge fait la révolution technologique du moulin à eau. Dès lors en construisant des barrages, les meuniers peuvent tirer parti du plus petit cours d’eau. <strong>En quelques décennies, les rivières de France se couvrent de moulins et de barrages</strong> autrement plus difficiles à franchir par les poissons migrateurs que les modestes constructions des castors. Sur la Vienne on capte bientôt vingt moulins par kilomètre de rivière. La saturation est atteinte au XVIII<sup>e</sup> siècle&nbsp;: il n’y a plus assez de dénivelé pour construire de nouveaux moulins. Les rivières rapides et chantantes sont devenues des successions d’étangs tranquilles et boueux, chauds et mal oxygénés….</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ÉSOPE</title>
		<link>https://natureenlivres.fr/textesdepersonalites/textes-2022/esope/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Admin HDLT]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Mar 2022 19:36:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Textes 2022]]></category>
		<category><![CDATA[Menu Territoire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://natureenlivres.fr/?p=9631</guid>

					<description><![CDATA[Mort en 564 avant JC, ÉSOPE est un écrivain grec d&#8217;origine phrygienne, à qui l’on a attribué la paternité de la fable. Maxime Planude, érudit byzantin du XIIIe siècle, a popularisé une Vie d’Ésope à partir d&#8217;un matériau datant probablement du Ier siècle. &#62; Fable : « Le cerf au bord d’une source » &#60; «&#160;Un cerf assoiffé parvient à une source. Après s’y être étanché, il aperçut&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image is-style-tw-rounded-corners"><figure class="alignright size-thumbnail is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-Aesop_pushkin01-wkp-tete-150x150.jpg" alt="" class="wp-image-9636" width="113" height="113" srcset="https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-Aesop_pushkin01-wkp-tete-150x150.jpg 150w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-Aesop_pushkin01-wkp-tete-300x300.jpg 300w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-Aesop_pushkin01-wkp-tete-768x768.jpg 768w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-Aesop_pushkin01-wkp-tete.jpg 800w" sizes="auto, (min-width: 880px) 800px, (min-width: 700px) calc(100vw - 80px), calc(100vw - 40px)" /></figure></div>



<p class="has-text-align-center has-primary-color has-text-color has-background wp-block-paragraph" style="background-color:#eeffff">Mort en 564 avant JC, <strong>ÉSOPE</strong> est un écrivain grec d&rsquo;origine phrygienne, à qui l’on a attribué la paternité de la fable.</p>



<span id="more-9631"></span>



<p class="has-text-align-center has-primary-color has-text-color has-background wp-block-paragraph" style="background-color:#eeffff"><em>Maxime Planude, érudit byzantin du XIII<sup>e</sup> siècle, a popularisé une Vie d’Ésope à partir d&rsquo;un matériau datant probablement du I<sup>er</sup> siècle.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">&gt; Fable : « <strong><strong>Le cerf au bord d’une source</strong></strong> » &lt;</h3>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Un cerf assoiffé parvient à une source. Après s’y être étanché, il aperçut son reflet dans l’eau&nbsp;: fier des ses cornes,&nbsp; à voir leur taille et leur complexité, il se plaignait en revanche de ses jambes, qui lui paraissaient grêles et faibles. Telles étaient ses pensées lorsque surgit un lion, qui lui donna la chasse. Le cerf prit la fuite, et laissa le lion loin derrière lui – car la force des cerfs est dans leurs jambes, celle des lions dans leur cœur. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Tant qu’ils furent en rase campagne, il resta hors d’atteinte&nbsp;; mais arrivé en un lieu boisé, où ses cornes s’empêtrèrent dans les branches, il ne put poursuivre sa course et se trouva pris. Se voyant près de périr, il se dit en lui-même&nbsp;: «&nbsp;Pauvre de moi&nbsp;! ce qui me semblait devoir me trahir faisait mon salut&nbsp;; ce qui avait toute ma confiance a causé ma perte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi que souvent, dans le danger, les amis qui paraissent les moins sûrs sont nos sauveurs, et ceux-là nous trahissent auxquels nous nous fions le plus.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Alain FINKIELKRAUT</title>
		<link>https://natureenlivres.fr/textesdepersonalites/textes-2022/alain-finkielkraut/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Admin HDLT]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 Apr 2022 19:45:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Textes 2022]]></category>
		<category><![CDATA[Ville HorsBFC]]></category>
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					<description><![CDATA[Né le 30 juin 1949 à Paris, Alain FINKIELKRAUT est un professeur, polémiste, philosophe, écrivain, essayiste, producteur de radio et académicien français. Agrégé de lettres modernes et titulaire d&#8217;une maîtrise de philosophie, il est l&#8217;auteur de nombreux essais sur la littérature, l&#8217;amour et la modernité. Il intervient régulièrement dans l&#8217;espace médiatique français où il est&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image is-style-tw-rounded-corners"><figure class="alignright size-thumbnail is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-Alain_Finkielkraut-wpd-2-150x150.jpg" alt="" class="wp-image-9866" width="113" height="113" srcset="https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-Alain_Finkielkraut-wpd-2-150x150.jpg 150w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-Alain_Finkielkraut-wpd-2-300x300.jpg 300w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-Alain_Finkielkraut-wpd-2-1024x1024.jpg 1024w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-Alain_Finkielkraut-wpd-2-768x768.jpg 768w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-Alain_Finkielkraut-wpd-2.jpg 1155w" sizes="auto, (min-width: 880px) 800px, (min-width: 700px) calc(100vw - 80px), calc(100vw - 40px)" /></figure></div>



<p class="has-text-align-center has-primary-color has-text-color has-background wp-block-paragraph" style="background-color:#eeffff">Né le 30 juin 1949 à Paris, <a rel="noreferrer noopener" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Finkielkraut" target="_blank">Alain FINKIELKRAUT</a> est un professeur, polémiste, philosophe, écrivain, essayiste, producteur de radio et académicien français.</p>



<span id="more-9864"></span>



<p class="has-text-align-center has-primary-color has-text-color has-background wp-block-paragraph" style="background-color:#eeffff">Agrégé de lettres modernes et titulaire d&rsquo;une maîtrise de philosophie, il est l&rsquo;auteur de nombreux essais sur la littérature, l&rsquo;amour et la modernité. <br>Il intervient régulièrement dans l&rsquo;espace médiatique français où il est régulièrement à l&rsquo;origine de controverses et de polémiques.<br></p>



<h3 class="wp-block-heading">&gt; Extrait de « Des animaux et des hommes » &lt;</h3>



<p class="wp-block-paragraph">« Aujourd’hui, notre pitié ne s’arrête plus à l’humanité. Elle continue sur sa lancée. Elle repousse les frontières. Elle élargit le cercle du semblable. Quand un coin du voile est levé sur l’invivable existence des poules, des vaches ou des cochons dans les espaces concentrationnaires qui ont succédé aux fermes d’autrefois, l’imagination se met aussitôt à la place de ces bêtes et souffre avec elles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’homme moderne est tiraillé entre une ambition immense et une compassion sans limite. Il veut être le Seigneur de la Création et il découvre progressivement en lui la faculté de s’identifier à toutes les créatures. Ainsi s’explique l’irruption récente de la cause animale sur la scène politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La nouvelle sensibilité aux animaux aura-t-elle le pouvoir de changer la donne ou l’impératif de rentabilité continuera- t-il à faire la loi, en dépit de tous les cris du cœur ? »</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Philippe FOREST</title>
		<link>https://natureenlivres.fr/textesdepersonalites/textes-2022/philippe-forest/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Admin HDLT]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Mar 2022 21:34:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Textes 2022]]></category>
		<category><![CDATA[Menu Territoire]]></category>
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					<description><![CDATA[Né le 18 juin 1962 à Paris, Philippe FOREST est un écrivain et essayiste français. Depuis 1995, il enseigne à l&#8217;université de Nantes où il est professeur de littérature. Il est l&#8217;auteur de nombreux essais consacrés à la littérature et à l&#8217;histoire des courants d&#8217;avant-garde. &#62; Extrait de « Crue » (page 53) &#60; «&#160;Le monde lui-même&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image is-style-tw-rounded-corners"><figure class="alignright size-thumbnail is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-AVT_Philippe-Forest_7479-tete-150x150.jpg" alt="" class="wp-image-9643" width="113" height="113" srcset="https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-AVT_Philippe-Forest_7479-tete-150x150.jpg 150w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-AVT_Philippe-Forest_7479-tete-300x300.jpg 300w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Auteur-AVT_Philippe-Forest_7479-tete.jpg 306w" sizes="auto, (min-width: 880px) 800px, (min-width: 700px) calc(100vw - 80px), calc(100vw - 40px)" /></figure></div>



<p class="has-text-align-center has-primary-color has-text-color has-background wp-block-paragraph" style="background-color:#eeffff">Né le 18 juin 1962 à Paris, <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.babelio.com/auteur/Philippe-Forest/2790" target="_blank">Philippe FOREST</a> est un écrivain et essayiste français. Depuis 1995, il enseigne à l&rsquo;université de Nantes où il est professeur de littérature. </p>



<span id="more-9644"></span>



<p class="has-text-align-center has-primary-color has-text-color has-background wp-block-paragraph" style="background-color:#eeffff">Il est l&rsquo;auteur de nombreux essais consacrés à la littérature et à l&rsquo;histoire des courants d&rsquo;avant-garde<em>.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">&gt; Extrait de « Crue »<em> (page 53)</em> &lt;</h3>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Le monde lui-même a la semblance assez exacte de ce que les textes saints nommaient une «&nbsp;vallée de larmes&nbsp;». On s’y noie. Je me représente la scène ainsi&nbsp;: une pluie de pleurs tombant continûment du ciel, durant des semaines et des semaines sans jamais le répit d’un jour d’accalmie, ruisselant le long des reliefs, faisant des flaques un peu partout et s’accumulant sur une terre engorgée jusqu’à ce que le niveau des eaux s’élève et menace toute forme de vie sur la planète, la mer montant à l’assaut des rivages, les océans faisant leur jonction au-dessus des cimes les plus hautes qui surplombaient les chaines de montages. Plus rien d’autre qu’une vaste étendue liquide, vie et sans vie, où l’on perd pied et s’enfonce.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai toujours eu la terreur de mourir ainsi&nbsp;: la sensation du corps dans l’eau qui cherche en vain ses appuis dans le vide, comme si des créatures invisibles le prenaient aux cheville et le tiraient vers le bas tandis que les bras, les jambes font en vain le mouvement qu’il faut pour remonter à la surface, la tête s’enfonçant dans le bleu, ou le vert, ou le gris, pour lequel les yeux des hommes ne sont pas faits et où l’air manque jusqu’à l’asphyxie.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Maurice GENEVOIX</title>
		<link>https://natureenlivres.fr/textesdepersonalites/textes-2022/maurice-genevoix/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Admin HDLT]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 May 2021 10:13:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Textes 2022]]></category>
		<category><![CDATA[Menu Territoire]]></category>
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					<description><![CDATA[Nivernais Né le 29 novembre 1890 à Decize et mort le 8 septembre 1980 à Xàbia (Espagne), Maurice GENEVOIX est un écrivain et poète français, membre de l&#8217;Académie française. L’ensemble de son œuvre témoigne des relations d’accord entre les Hommes, entre l’Homme et la nature, mais aussi entre l&#8217;Homme et la mort. &#62; Extrait de&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em><sup><strong><span style="color: #6d6d6d;background: linear-gradient(to bottom, transparent 50%, #15ff00 50%)" class="ugb-highlight">Nivernais</span></strong></sup></em></p>



<div class="wp-block-image is-style-tw-rounded-corners"><figure class="alignright size-thumbnail is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Ecrivain-Maurice-Genevoix-en-1979-cAndersen-ULF-SIPA-tete-150x150.jpg" alt="" class="wp-image-4756" width="113" height="113" srcset="https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Ecrivain-Maurice-Genevoix-en-1979-cAndersen-ULF-SIPA-tete-150x150.jpg 150w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Ecrivain-Maurice-Genevoix-en-1979-cAndersen-ULF-SIPA-tete-300x300.jpg 300w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Ecrivain-Maurice-Genevoix-en-1979-cAndersen-ULF-SIPA-tete-1024x1024.jpg 1024w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Ecrivain-Maurice-Genevoix-en-1979-cAndersen-ULF-SIPA-tete-768x768.jpg 768w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Ecrivain-Maurice-Genevoix-en-1979-cAndersen-ULF-SIPA-tete-1536x1536.jpg 1536w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Ecrivain-Maurice-Genevoix-en-1979-cAndersen-ULF-SIPA-tete-1200x1200.jpg 1200w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Ecrivain-Maurice-Genevoix-en-1979-cAndersen-ULF-SIPA-tete-1980x1980.jpg 1980w, https://natureenlivres.fr/wp-content/uploads/Ecrivain-Maurice-Genevoix-en-1979-cAndersen-ULF-SIPA-tete.jpg 2000w" sizes="auto, (min-width: 880px) 800px, (min-width: 700px) calc(100vw - 80px), calc(100vw - 40px)" /><figcaption>1979<br><sub><em>Copyright  Andersen ULF/SIPA</em></sub></figcaption></figure></div>



<p class="has-text-align-center has-primary-color has-text-color has-background wp-block-paragraph" style="background-color:#eeffff">Né le 29 novembre 1890 à <a href="https://natureenlivres.fr/lieux/plus-loin-de-mlc/decize/" data-type="post" data-id="583">Decize</a> et mort le 8 septembre 1980 à Xàbia (Espagne), <strong><strong><a rel="noreferrer noopener" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Genevoix" target="_blank">Maurice GENEVOIX</a></strong></strong> est un écrivain et poète français, membre de l&rsquo;Académie française.</p>



<span id="more-4752"></span>



<p class="has-text-align-center has-primary-color has-text-color has-background wp-block-paragraph" style="background-color:#eeffff">L’ensemble de son œuvre témoigne des relations d’accord entre les Hommes, entre l’Homme et la nature, mais aussi entre l&rsquo;Homme et la mort.</p>



<h3 class="wp-block-heading">&gt; Extrait de « <a href="https://www.babelio.com/livres/Genevoix-La-derniere-harde/86326" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>La dernière harde (1938)</strong></a> » &lt;</h3>



<p class="wp-block-paragraph">« Sous le poil de la bête et dans la poitrine de l&rsquo;homme, ce serait les mêmes battements du sang, la même fièvre, le même acharnement passionné »</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Le brame s&rsquo;est tu, le vent ne soulève plus les feuilles. Les biches attendent en frissonnant, toutes seules dans la forêt morte. La lune brille juste au-dessus d&rsquo;elles.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Une nuit, dans la grande paix froide de l’espace qui précédait le petit jour, un coup de feu claqua près des trois bêtes. L’Aile sursauta et partit comme une flèche. Le Brèche-Pied bondit de son côté, le Rouge s’élança au hasard. Ce coup de feu avait claqué si près, si durement, qu’une terreur panique les avait aussitôt affolés, les dispersant par le hallier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Rouge n’avait pas fait trois sauts que l’odeur corrosive de la poudre le saisit soudain aux naseaux. Presque aussitôt, à quelques pas, le bruit d’une toux humaine déchira l’ombre et le cloua sur place. La conscience d’un danger terrible lui rendit un peu de sang-froid : il se mit à reculer doucement, le cœur secoué de battements affolés, mais attentif à bien poser ses pieds, à éviter les brindilles de bois sec et les épaisseurs de feuilles mortes. Et cependant il fixait l’ombre devant lui, distinguait peu à peu une silhouette mouvante et courbée. La nuit n’était plus très épaisse ; une lueur cendreuse, qui venait d’une allée proche, faisait écran derrière la forme humaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Rouge reculait toujours, avec la même attention de tout le corps, chaque fibre de ses muscles à la fois docile et crispée. Dès qu’il sentit qu’il était assez loin, il partit d’un galop démentiel, si rapide que l’air de sa course lui sifflait autour des oreilles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s’arrêta que très loin, quand l’haleine vint à lui manquer. Ses yeux demeuraient hagards, emplis encore de la vision dont l’horreur les avait frappés.&nbsp;»</p>



<h3 class="wp-block-heading">&gt; Extrait de « <a href="https://www.babelio.com/livres/Genevoix-La-boite-a-peche/101770" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>La boîte à pêche</strong></a> » &lt;</h3>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Sur les cailloux, l&rsquo;eau mince sursaute, en vaguelettes innombrables à quoi s&rsquo;accroche le soleil ; C&rsquo;est un fourmillement de soleil, une danse éblouissante qui s&rsquo;éparpille et s&rsquo;atténue, se rallume et s&rsquo;irise, tournoie au ras du fleuve, et brusquement s&rsquo;éloigne en un redéploiement d&rsquo;éventail. Sous l&rsquo;eau mince, les galets roux tressaillent ; ils roulent souplement, s&rsquo;effilent, se soulèvent et nagent. Une épouvante les bouleverse, les chasse en éclatement de fuite, au choc d&rsquo;une pierre qui roule sur le pierré, au toucher sournois d&rsquo;une ombre qu’allonge et déforme sur l&rsquo;eau derrière les épaules d&rsquo;un pêcheur, le soleil crépusculaire.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
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